vendredi 22 juin 2007

Dan Everett, un professeur américain en linguistique, est persuadé que la tribu des Pirahãs bouleverse l'idée d'une grammaire universelle mise de l'avant par Noam Chomsky. Leur langage est unique et n'a aucun lien de près ou de loin avec d'autres langues: ils n'utilisent que huit consonnes et trois voyelles. Malgré cette extrême simplicité, leur langue possède une complexité étonnante de tonalités, d'amplifications et d'emphases variées sur la longueurs des syllabes prononcées, ce qui permet aux Pirahãs de se passer de consonnes et de voyelles et de chanter, murmurer ou siffler leurs conversations. Everett et sa femme sont les premiers à arriver à maîtriser leur langue, même s'ils ont été découverts par les brésiliens au 18ème siècle.

Fascinant: les Pirahãs n'ont pas de chiffres, de termes fixes pour les couleurs, de temps de verbes, de mémoire à long terme, de tradition artistique, pas même de dessins, et aucun mot pour "tout", "chaque", "peu" - termes quantitatifs à la base de la cognition humaine selon nombreux linguistes. Le plus troublant, toutefois, semble être qu'ils n'utilisent pas la récursion, une opération du langage qui consiste à insérer une phrase dans une autre, comme lorsqu'on combine "cette homme marche sur le trottoir" et "cet homme porte un chapeau" dans une seule phrase "cette homme qui marche sur le trottoir porte un chapeau".

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